A la demande d’Eau et Rivières, avec Bernard Beaudouin, nous sommes allés rencontrer un couple d’agriculteurs exploitant la ferme du Temple à Montauban de Bretagne. Ce couple d’agriculteur est confronté à un remembrement article 10 pour mettre en deux voies la route Montauban de Bretagne St Méen le Grand. Cela fait quelques années que je n’ai pas suivi ces dossiers mais j’ai l’impression que rien n’a changé, sinon qu’il n’y a plus grand chose à abattre mais que l’on trouve encore le moyen de s’attaquer au peu qui reste.

Nous avons pu confirmer les propos des agriculteurs que les deux haies promises à l’abattage avaient des fonctions évidentes de protection des sols et de l’eau, pire il y a quelques années elles auraient été classées à conserver dans des remembrements similaires. La fumière de l’exploitant a été inondée et la suppression prévue de la haie située entre les deux parcelles (h589 et h590) au-dessus de l’exploitation va encore augmenter les risques d’inondation du site d’autant que nous avons pu constater que la parcelle en amont semble très sensible à l’érosion. Les récents épisodes pluvieux devraient amener le réexamen des risques potentiels.  Sur le secteur, dans le cas de destruction de cette haie, la distance entre les deux haies les plus proches sera de 1,5km.

Avec de telles perspectives de désorganisation de l’espace peut-on penser un seul moment que les efforts pour diminuer les pollutions diffuses puissent porter ses fruits, c’est un peu comme si on voulait économiser l’eau en laissant un robinet ouvert. C’est poursuivre un train qui prend de la vitesse. L’administration en charge en a-t-elle conscience ?

Notre association l’arbre indispensable conteste aussi fortement le bas niveau de l’estimation du prix du bois, 22 euros le stère sur le seul critère du bois énergie, alors que selon les soins que l’on apporte à l’arbre, il peut être valorisé dans un rapport de 1 à 30 (ce qui est contestable devant un tribunal).

Mais ce qui encore plus grave, c’est l’absence de prise en compte du potentiel productif de la haie ; revenu constant en bois de chauffage mais aussi possibilité de produire du bois d’œuvre de grande qualité (préjudice qui peut être contesté devant un tribunal.) La seconde haie sur la commune de st Onen ZE37, moins longue, a conservé une très belle allure contenant ce qui est devenu rare, deux beaux spécimens de hêtres.

On peut trouver sur l’exploitation des haies conservées avec des arbres de belle venue pour lesquels 22 euros du stère seraient  une véritable escroquerie. Les deux haies concernées peuvent parfaitement redevenir productives au bout de 20 ans et c’est un manque à gagner totalement ignoré dans cette procédure.

La qualité des haies proposées jusqu’ici aux agriculteurs est loin de compenser la perte de ces haies structurantes. Nous avons constaté que depuis plus de 20 ans les haies replantées, la plupart du temps à plat sans objectif,  avec des tailles de formation aléatoires représentent pour les agriculteurs plutôt une charge qu’un revenu avec un entretien considérable. De toute évidence, sur ce secteur pratiquement dépourvu de haies, il est préjudiciable de détruire le moindre linéaire. Il aurait été plus urgent de refermer, ces espaces ouverts à  perte de vue.

Nous invitons les administrations concernées par ce projet contestable à consulter notre site https://larbreindispensable.wordpress.com/

Pour l’association l’Arbre indispensable  à Iffendic le 10 mars 2014 –  Jean-Yves Morel

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