source : inrap

L’étude d’un bâtiment en élévation, anciennement dédié à la pratique du jeu de paume, ainsi que celle  d’une parcelle d’environ 400 m2, a été menée par une équipe de 12 archéologues en 2014. Cette opération a permis notamment de retrouver l’état initial de la salle de la rue Saint-Louis, dite salle du Pélican, édifiée en 1605. Reconnu comme jeu de paume en 2011 grâce à une étude d’Elodie Baizeau, il s’agit de la plus ancienne salle en élévation conservée en France.

Le jeu de paume, l’ancêtre des sports de raquette

Les premiers jeux de paume, d’abord extérieurs aux villes, apparaissent à la fin du XIIe siècle. Avec leur introduction dans l’espace public au siècle suivant, la pratique du jeu devient extrêmement populaire. Les premières salles sont construites au XVesiècle afin de contenir la ferveur des spectateurs. Jusqu’à 250 salles sont édifiées à Paris, trois à Rennes. Deux jeux se distinguent alors : la courte paume en salle urbaine, comme c’est le cas à la salle du Pélican, et la longue paume, dans des espaces non couverts à l’extérieur des villes. Initialement, le jeu se pratique à main nue ou gantée de cuir ; il ne devient un sport de raquette que dans le courant du XVIe siècle.

 

Premiers résultats et bref historique du bâtiment de la rue Saint-Louis

Une salle de jeu de paume est généralement un bâtiment rectangulaire d’environ 30 mètres sur 10. Les visiteurs assistent aux parties soit depuis des galeries basses couvertes à l’intérieur, ou depuis des galeries hautes édifiées à l’extérieur du bâtiment. Elles font face à un mur, dit de bricole, parementé avec des blocs en matériaux tendres (calcaire, grès) afin de permettre le rebond de la balle.

Par ses dimensions de 28,82 mètres sur 9,15 mètres, la salle de Rennes est proche du standard normalisé par Garsault. Grâce à leurs observations, les archéologues ont pu mettre au jour son architecture initiale de poutres et de poteaux, dans un bon état de conservation. Si l’escalier et les galeries basses ont disparu, la présence d’assemblages orphelins sur des poteaux témoigne de l’existence au XVIIe d’une galerie haute sur la façade ouest. À l’est, le mur de bricole est actuellement en cours d’étude.

A la fin du XVIIe siècle, la pratique du jeu de paume est délaissée et le bâtiment devient alors propriété de l’évêché de Rennes. Il est intégré à un ensemble de bâtiments à vocation religieuse, dit Grand Séminaire. En 1690, il est restructuré et devient une chapelle. Son entrée se fait dorénavant depuis la nouvelle rue Saint-Louis ; à cet effet, le pignon sud donnant sur la rue est alors reconstruit. A l’intérieur, l’espace est restructuré avec l’aménagement d’un transept matérialisé par deux extensions sur les façades est et ouest alors que la charpente reçoit une voûte lambrissée en 1689-1690. En 1793, le Grand Séminaire devient un hôpital militaire et sa chapelle un lieu de stockage et de lingerie.

À côté du bâtiment, des vestiges de la ville antique

Jouxtant le bâtiment, la parcelle également fouillée par les archéologues permet de faire une remontée dans le temps avec la mise au jour d’une rue de la ville antique, sans doute en usage jusqu’au IVe siècle de notre ère. La présence de fondations empierrées révèle l’existence de bâtiments bordant la voie à l’est. Cette découverte permettra de compléter la trame urbaine de la ville antique, en partie connue par les opérations déjà menées par l’Inrap dans le centre de Rennes (parmi les plus récentes, celles des Jacobins ou de la place Sainte-Anne).

 

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