Réaction de Jean-Yves Morel de l’association l’Arbre Indispensable à l’article de l’édition du 20 août 2016 de Ouest-France

 

J’ai lu avec intérêt les articles de l’édition du  samedi 20 aout 2016 de votre journal concernant l’utilisation massive des pesticides et les craintes sanitaires qu’elle suscite.

Cela fait très longtemps que ce problème est soulevé; les  premiers arrêtés ayant été pris dans les années 90 en Ille & Vilaine, par le préfet Lacroix, suite aux articles dans vos colonnes de Jean-Michel Leclere, Alain Girard, Jacques Gallo, qui avaient repris nos arguments et sous la pression des militants ERB 35.

Depuis la situation s’est largement aggravée.

Surfaces traitées et pulvérisations

On peut observer un augmentation des surfaces traitées jusque dans tous les bas fonds drainés. Tout le monde sort les pulvérisateurs en même temps pour cause de météo et pression atmosphérique. Les pulvérisateurs sont de plus en plus gros et dispersent plus de produits en moins de temps. Sur un sol brun et labouré le réchauffement se fait plus vite que dans une prairie, un bois, un plans d’eau à proximité, c’est un problème de pression atmosphérique. Un planeur prend quatre mètres seconde au dessus d’un champ de chaume de la Beauce et perd quatre mètres seconde au dessus d’une forêt.

Ces transferts de pesticides se font sur des centaines de kilomètres et les protections de quelques dizaines de mètres sont ridicules. Cela veut dire que le petit brouillard du matin sur un  champ traité la veille, est considérablement chargé en pesticides qui vont se déplacer vers les zones fraiches et mouillées.

Pollution hydraulique

Sur le plan hydraulique on observe des traitements sur les fossés et petits cours d’eau non déclarés; la concentration en pesticides est inversement proportionnelle au débit, la lutte contre l’utilisation des pesticides passe par la protection de ces petits émissaires qui continuent d’être détruits ou drainés.

On peut noter également le raccourcissement et la simplification du réseau hydrographique par la destruction accélèrée du bocage déconnecté de ses fonctions par l’éradication des chevelus et le drainage. Mais aussi une destructions des haies et zones humides qui auguemente la pente donc la vitesse des transferts des flux et des polluants vers les estuaires.

Augmentation de la toxicité des produits

Ce dont on parle le moins c’est  la diminution de la rémanence et l’augmentation de la toxicité des produits de traitement.
Par exemple pour l’atrazine que l’on a utilisé jusqu’à 10kg/ha, ce produit avait une demie vie de 6 mois (DL50)
Aujourd’hui pour le même usage on peut avoir un produit comme l’ALLIER un désherbant qui fait le même travail à 5 à 20gr /ha et une demie vie de 48 heures.
On a augmenté la toxicité et diminué la rémanence (on a augmenté la température du four), calculez vous même la différence.
Ce discours des petites doses ne tient pas la route puisque ces produits, plus concentrés, sont encore beaucoup plus dangereux pour les riverains.

Et ce n’ai pas tout !

D’autre sujets problématiques pourraient aussi être abordés :

  • Les antibiotiques dans l’environnement
  • La sécheresse et 3 semaines plus tard les inondations

On tourne en rond ! Pollutions, inondations, sécheresse, ont la même origine.

Ignorer les problèmes environnementaux nous met face à de graves problèmes de santé publique

J-Y Morel

Notre association finalise une charte de L’Arbre indispensable, pour que nos paysages retrouvent leurs fonctions de production et de protection  de l’eau, de l’air, des sols et de la biodiversité et ainsi anticiper le réchauffement climatique.

Publicités