Commentaire:

Depuis ce pré inventaire le marquage et l’abattage des arbres à maturité a été effectué, le sciage devrait suivre rapidement en fonction des besoins de construction de Nicolas Supiot, paysan boulanger.

A noter sur le site la présence de trois cormiers remarquables voir cinq en y ajoutant deux autres dans l’avenue sur l’exploitation voisine mais en très mauvais état.

La qualité du site très ancien y ajoute un intérêt supplémentaire sur la lecture du paysage.

J-Y Morel

Visite de l’association  « l’Arbre indispensable » du Jeudi 10 juillet 2014

Présents :

– Jean Yves Morel, président de l’association l’Arbre Indispensable.

– Pascal Brunard, vice- trésorier de l’association et conseillé.

– Yannick Robert, vice-président et technicien forestier conseil.

Objectif : pré-diagnostic de gestion du site

Rapport de visite :

Lors de cette première visite, nous avons effectué une observation non détaillée des différentes zones rencontrées (6 zones). Le site de Branbéac est concentré autour d’une habitation, un ancien manoir, et présente plusieurs particularités qui en font sa richesse : « bâtis, allée, avenue, haies, pré humide, mares, bois…etc. »

Les Différentes Zones :

_Zone 1 : Habitation et Bâtiments.

_Zone 2 : Grande prairie humide à l’est.

_Zone 3 : Prairie centrale avec mare.

_Zone 4 : Zone de culture au nord.

_Zone 5 : Bois à l’ouest

_Zone 6 : Grande parcelle du jardin au sud/ouest.

Zone 1 : Habitation

Concernant cette zone, il est nécessaire de consulter Mr Supiot quant à la possibilité de récolter du bois de haie ou de foret à des fins de restauration, d’amélioration, de construction, de plantation, etc.

Zone 2 : Prairie Humide

Il s’agit certainement d’une des zones les plus riches et diversifiées Cette prairie est bordée sur son pourtour, d’une haie ancienne sur talus, sur environ 1000 mètres. Celle-ci est une haie d’héritage cultural liée aux exploitations des fermes d’antan qui associaient à la fois une gestion hydraulique (talus et fossé), un souci de protection et d’abris pour les pâtures (vent et ombrage)ainsi qu’ une production de bois et de fruits (charpente, chauffage et alimentaire). Cette haie n’est aujourd’hui plus continue. Des trouées sont présentes dans certaines zones alors que dans d’autres endroits, il y a une forte concurrence entre les arbres. Sa composition est très riche. On y trouve à la fois des sujets de hautes tiges, comme le Chêne et le Châtaignier et de temps en temps, des feuillus dit «bois précieux » comme le Cormier, l’Alisier, le Merisier et également des essences de sous étage en bourrage comme le Charme, le Houx et autre jeunes précieux.

La prairie est coupée dans son axe Ouest/Est par un collecteur d’eau qui alimente une mare (vivier). Il serait judicieux de conserver hors culture l’importante zone humide située en amont et autour de cette mare.

Sa légère pente orientée Nord est favorable à l’arbre. Néanmoins, des améliorations sont à prévoir : récolte de bois à programmer sur les haies, restauration sur les parties vides, création en double haie (fruit ou bois) afin d’éviter les trouées trop importantes, élagage, récolte de graines et semis etc. Notons sa valeur patrimoniale et écologique : thalle, vieille émonde, sujet remarquable etc.

La prairie a absolument besoin d’un fauchage pour se régénérer et se maintenir (pas de broyage). Il serait adapté de faire pâturer des animaux en période estivale et hors zone humide.

La partie vivier a quant à elle besoin d’un entretien rapide en prélèvements de bois (envahissement de saules) afin d’éviter l’asphyxie par manque de lumière sur la partie en eau.

La zone humide autour de la mare est à préserver dans son ensemble. C’est un biotope unique, à la fois floristique et faunistique.

Zone 3 : Prairie centrale avec mare

Cette parcelle est actuellement une pâture pour chevaux et vaches.

Une tranchée de drainage a attiré notre attention à plusieurs niveaux :

  1. une fosse pédologique sur 80 cm nous donne quelques indications sur le sol dans ce secteur :

  • Sol profond en alternance limoneux/ argileux en surface vers un argileux en profondeur mais non compacte,

  • Horizon pierreux moyen vers plus grossier, avec des colorations jaunâtres liées à la présence de minéraux.

  • Sol profond et frais, aisément prospectable par les racines.

  1. Un niveau de pierres maçonnées qui correspond probablement soit à un mur de fondation (ancien jardin clos), soit à un pavage de cour ou bien encore à un exutoire d’eau calibré vers le niveau bas de la parcelle.

Il est impératif d’identifier cette construction, voire de décaler le drainage pour éviter le déchaussement des pierres. Il est également possible de rejoindre la mare via la prairie.

Concernant la zone autour de la mare, nous constatons la présence d’arbres très intéressants comme le cormier et le chêne. Il conviendrait de dégager ses sujets et de redonner de la lumière sur la partie en eau. Les résineux type « abies » sont à retirer pour limiter l’acidification de l’eau. L’accès sur tout le pourtour doit être empêché aux animaux afin d’éviter le délitement des berges et talus.

Il serait également important d’éviter l’alimentation de cette mare par les fossés qui arrivent du chemin de la ferme voisine (pollution). Il est possible de créer une petite digue pour détourner l’eau vers la buse annelé. De plus, cette digue artificielle permettrait de maintenir un niveau d’eau correct surtout en période d’été.

L’alimentation de la mare peut aussi être assurée en interne par des collecteurs de l’exploitation (fossés de la bordure du bois et de la parcelle haute par exemple).

Les talus situés entre la mare et le bois à l’ouest sont à élever et à replanter.

Une petite élévation de terre à l’ouest de la mare est également à préserver pour étude : motte, four…?

Cette mare est complexe. Des travaux urgents sont à planifier : aménagement et exploitation de bois.

Zone 4 : Culture Nord

Cette parcelle est en production agricole, en ouverture importante au nord et à l’est. Le programme « Breiz bocage » envisagé pour mettre en place un maillage des cultures est en étude actuellement avec le propriétaire.

Notons que la pente vers le sud et la mare est intéressante.

Zone 5 : Le Bois

Cette partie de la propriété est en production sylvicole pure. Les peuplements mixtes sont jeunes et présentent une densité importante. L’objectif serait de les améliorer par des éclaircies sélectives dans le but de produire du bois d’œuvre ou du consommable pour l’exploitation (sciage, chauffage, piquets etc.)

Une particularité en bordure du bois côté Est est constatée. Il s’agit d’une vieille allée qui conduit jusqu’à une route située au nord. Elle est aujourd’hui encombrée. Elle présente cependant certains arbres d’intérêt patrimonial à mettre en valeur (charmes).

Une visite du bois plus attentive permettra de définir précisément les objectifs de productions par types de peuplements présents. Des interventions de dégagements des accès et de l’allée interne seront à envisager.

 

Zone 6 : Parcelle du jardin

Cette parcelle est en production agricole. Elle est très ouverte et ne possède plus ses haies de bordure. Un projet de maillage est prévu avec « Breiz bocage ».

Sur ce type de parcelle, l’agroforesterie a toute sa place. Une production agricole associée à l’arbre serait un bon compromis. Une piste après observation du site semble intéressante. En effet, la présence de très beaux châtaigniers inciterait à s’orienter vers le verger à marrons et à châtaignes. De plus, la région possède une bonne connaissance sur le châtaignier : espèce rustique bien implantée et connue pour des débouchés locaux : bouche de Bétizac, Marigoul, Iphara, marrons de Maure et bien d’autres…, conduite assez simple. Cet aspect est à définir avec le propriétaire. Des dossiers sont déjà en cours.

Les lignes électriques moyennes tensions constituent une contrainte important car elles peuvent gêner la mise en place des alignements.

 

Analyse :

Ces 1ères observations révèlent que le site de Branbéac est doté d’atouts et de richesses diverses, complexes à articuler.

En effet, des facteurs humains, économiques, écologiques, stratégiques et environnementaux sont à prendre en compte pour établir un programme global de gestion.

Pour ce faire, des travaux d’amélioration, de renouvellement, de prélèvement, d’étude et de gestion sont à programmer.

Compte tenu de la qualité du site, l’enjeu en vaut vraiment la peine !

 

Yannick Robert

« L’arbre Indispensable »