Près de Redon. Davantage de haies, moins de coulées de boue?

Publié par Ouest france le 25/06/18, Audrey VAIRE

coulée de boue pascal
Avant, après… Sur la première photo, on peut voir la boue qui a bloqué l’allée de Pascal Brunard. Armé d’une pelle et d’une brouette, il a mis un week-end à tout mettre sur le côté. | DR / Ouest-France

Pour Pascal Brunard, vice-président de l’association l’Arbre indispensable, reconstituer des haies au milieu des champs est urgent. Cela permettrait de limiter les dégâts lors des fortes pluies.

Dans la campagne de Bruc-sur-Aff, près de Redon, au bout d’une allée d’une cinquantaine de mètres, se trouve la maison familiale de Pascal Brunard.

Il y a quelques semaines, alors que le pays de Redon a plutôt été épargné par les inondations lors des fortes pluies, il a eu la mauvaise surprise de découvrir une coulée de boue qui bloquait le passage dans son allée. « Il y avait 20 cm de boue. Quant au ruisseau, il était complètement colmaté », décrit-il.

Pour tout enlever, il a fait appel à des amis. Avec pelle et brouette, cette tâche fastidieuse leur a pris tout un week-end.

« L’eau descend librement »

Dans ces quatre dernières années, c’est la troisième fois que la boue défigure son allée. « Mes parents habitent là depuis longtemps. Ils n’ont jamais eu ce problème avant. Il y avait de la boue, mais c’était loin d’être aussi important. »

Pour lui, l’explication est simple : à côté de chez lui, une importante surface agricole est dédiée à la culture du maïs. Concrètement, à perte de vue, on ne voit que ce champ. À l’horizon, trois arbres, mais pas de haies.

« L’eau descend donc librement d’en haut. Les haies, autrefois, étaient implantées de façon très intelligentes. Il y avait un talus et un fossé, ce qui permettait de canaliser l’eau », détaille-t-il, en montrant une carte du paysage datant d’il y a quelques années. L’absence de haies, associée à la terre très meuble pour la culture de maïs, seraient donc responsables de ces coulées de boues, « même si les pluies n’étaient pas si fortes que ça ».

« Une gestion intelligente et pointue du paysage »

Son cas n’est pas isolé. Pascal Brunard est vice-président de l’association bretonne l’Arbre indispensable, qui se bat justement pour faire connaître sa vision de l’arbre et du bocage. « Nous avons reçu des appels, de personnes qui habitent également à côté de champs sans haies, touchés par les fortes pluies. » Une charte, qui recense toutes les fonctionnalités de l’arbre et de la haie bocagère, a d’ailleurs été rédigée, disponible sur leur site internet. Les membres de l’association espèrent qu’élus et agriculteurs se saisiront de ce sujet.

« Il faut avoir une gestion intelligente et pointue du paysage et donc reconstituer un réseau de haies et de talus. Nous ne sommes pas nostalgiques, on ne veut pas tout refaire comme à l’époque de grand-papa. Simplement, proposer des solutions performantes de manière économique et environnementale, qui peuvent aider à faire face au réchauffement climatique. »