Par Ouest-France Modifié le 12/06/2018 à 15h13

coulé de boue denis
Les serres de Denis Barbé
ont été sérieusement endommagé. | Ouest-France

Denis Barbé, installé en maraîchage bio depuis 2001 à Iffendic, à l’ouest de Rennes, constate
les dégâts avec désolation dans ses serres. Des coulées de boue ont détruit une immense partie
de sa production de légumes.
« Aujourd’hui, je suis épuisé. Une semaine que je récolte et que je replante avec la pluie
qui ne cesse pas de tomber », déplore Denis Barbé, maraîcher bio à Iffendic.
Suite aux violents orages, des coulées de boue successives ont dévalé jusque dans ses serres.
Ses productions de pommes de terre et de tomates ont beaucoup souffert.
« Avec l’orage de la semaine dernière, une vague est arrivée du champ qui est plus haut,
les tomates ont été déracinées et les pommes de terre noyées, raconte Denis Barbé.
Vendredi, suite au deuxième orage, j’ai contacté le propriétaire du champ pour faire
marcher son assurance mais silence radio ».

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Denis Barbé a sauvé une
petite partie de sa production bio qu’il vient en direct de son exploitation. | Ouest-
France

Il a ramassé les pommes de terre pour les faire sécher. Les champignons (mildiou)
commençaient déjà à se développer.
« Je devais avoir des pommes de terre pour le mois de juin et là j’ai déjà tout récolté »,
constate-t-il. Il espère les vendre à 2 € le kilo. En temps normal, ce serait le double en vente
directe.
Selon Jean-Yves Morel, de l’association Eau et rivières de Bretagne, la situation est plus
préoccupante.
« Les deux parcelles récemment semées on subit une érosion considérable, sans la
présence de deux haies avec végétation les dégâts auraient pu être encore plus
importants, ce qui donne une idée des dégâts sur des parcelles plus grandes. »
Il s’inquiète aussi des « doses de traitements qui se seraient ainsi déversées en aval » et
surtout dénonce l’inventaire des zones humides qui a été réalisé sur la commune.

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L’eau a raviné
des champs. | ouest-france

Il poursuit en expliquant qu’ici, « c’est un bassin-versant d’eau potable (Rennes 4) et ces
inondations provoquent un taux élevé de la matière organique, il faut donc chlorer l’eau
à des taux supérieurs. En résumé, avec l’épisode pluvieux, l’inventaire zone humide ne
tient pas la route. Malgré le pavillon bleu qu’a obtenu la commune il est fort à parier
qu’au prochain coup de chaleur les cyanobactéries seront de retour car pollution,
inondation et sécheresse au même endroit entraînent ce phénomène. »
Dans son viseur, les agriculteurs qui selon lui ont le droit de drainer les zones humides. « Et
dans trois semaines ce sera la sécheresse car ici tout est drainé. »