S’il y a bien une fonction qui exprime la résistance d’un arbre émondé du bocage c’est bien celle de ces  brises lames qui protègent  la digue du sillon à St Malo.

Avec la course du Rhum ce serait l’occasion de mettre ces arbres en valeur qui sont en plus d’une très grande qualité esthétique.

Un pied d’arbre droit de fil ne résiste que quelques marées aux assauts des déferlantes.

Ces arbres, assez jeunes, appartiennent à la même classe d’âge entre 40 à 50 ans.

Au milieu de la photo on peut voir un spécimen qui aurait pu faire à maturité une très belle poutre.

Le bois de ces arbres émondés est plus dense avec des cernes plus serrés à cause de l’émondage tous les neuf ans. Le nœud vivant jusqu’au cœur empêche une poutre de vriller ou de flécher.

Lors d’un de nos sciages nous avons débité une « émonde de 9 m.

Guillaume en a tiré d’abord une poutre de 6,30 et 0,47 de section mais à la vue de la qualité du bois à décor de patte de chat (nœud vivant jusqu’au cœur) il a décidé de la scier en plateaux de 5o mm d’épaisseur pour des restaurations monuments historiques.

La partie aérienne courbe Guillaume en avait tiré des plateaux de 100 mm utilisés ensuite pour la réalisation d’un porche à l’impériale.

C’est tout de même plus écologique et économique que d’en faire des copeaux.

Belle fin de vie pour cet arbre local qui aura fourni tout au long de sa vie des tonnes d’oxygène, offert le gîte et le couvert pour la faune et des milliers d’oiseaux il aura purifié l’air, protégé les sols, tempéré le climat en restituant 97 % de l’eau qu’il a pompé en vapeur d’eau.

Ces « émondes » étaient régulièrement utilisées en charpente, mais aujourd’hui ce bois déclassé intéresse de nouveau les créateurs par ses qualités singulières en opposition à la tendance bois blanc IKEA.

 

JY Morel